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Non, il n´y a pas d´erreur sur l´illustration, cf plus loin...
On me reproche souvent de ne pas suffisamment entretenir ma rubrique humeurs et tout particulièrement celles concernant mes coups de cœur musicaux.
Je plaide coupable. J´avoue que je ne me sens pas forcément l´âme d´un critique et n´écris donc pas facilement sur le travail des musiciens, même si je n´en pense pas moins.
Et puis j´aime des musiques suffisamment variées pour souvent trouver du bonheur à l´achat de nombreux disques. Alors pourquoi l´un plutôt que l´autre sans pouvoir non plus ne consacrer mon temps qu´à ce difficile exercice.
Ce matin, j´ai posé un CD récemment acquis dans un lecteur ( Eera évidemment ! ) et j´ai eu envie d´en parler. ( pourquoi celui-là en effet )
Les concerto pour violon de Beethoven et Britten, par Janine Jansen, Die Deutsche Kammerphilharmonie Bremen pour Beethoven et le LSO pour Britten, dirigés par Paavo Järvi chez Decca.
Pas d´une franche originalité diront les uns, association rare reconnaîtront les autres.
Peu importe, je suis de ceux qui collectionnent les interprétations d´oeuvres aussi marquantes que le concerto en ré majeur de Beethoven, et les propositions du Britten sont suffisamment rares pour qu´on évite de passer à côté, surtout quand elle est inspirée !
Dans le Beethoven, je ne m´extasierai pas sur le jeu de Janine Jansen, irréprochable mais dont la vision n´est pas bouleversante d´invention, surtout si on la compare aux récentes approches d´Isabelle Faust ( un vrai décapage ! Formidable ) ou à l´excès jubilatoire de Patricia Kopatchinskaja ( je ne garantis pas l´orthographe… ) accompagnée des timbres si particuliers de l´Orchestre des Champs-Elysées sous la baguette raffinée et dynamique d´Herreweghe, version que je recommande également au moins pour sa revendication de liberté !
Rien à reprocher donc au jeu de Janine Jansen, bien au contraire, le style est élégant, le souffle inspiré, les variations lumineuses et d´une facilité constante, un survol magnifique et riche d´une partition archi-usée. Le tout n´est pas juste pas très original. L´orchestre à côté de cela est parfait, toujours à sa place, jamais en retrait, jamais en dessous, un accompagnement vif, délicat, concertant à plus d´un titre et évitant cette attitude souvent pénible de n’être qu’un écrin destiné à mettre en valeur les feux du diamant. Une vraie belle phalange décidément que cette Kammerphilharmonie Bremen.
Bref : une idéale version classique de l´œuvre, et même, je crois, une possible référence pour qui hésiterait entre moult réussites à travers l´histoire du disque : on ne se trompera pas en choisissant cet enregistrement, qui plus est techniquement très honorable, assez cohérent qui ne noie pas l´orchestre ou ne donne pas l´impression désagréable que l’orchestre n´est pas dans la même acoustique que le soliste.
Mais pour le Britten, il faut se jeter sur ce disque sans hésiter ! Œuvre romantique et moderne, aux variations d´une inventivité et d´une difficulté telles qu´un bon nombre de grands violonistes ont hésité à s´y frotter ( dont Heifetz semble-t-il ), la jeune ( et j… ) Janine n´a pas peur de s´y attaquer et avec une aisance et un lyrisme démoniaques : c´est habité, c´est inspiré, c´est stupéfiant et émouvant, ça chante, ça pleure, ça vit ! D´autant que, là encore Järvi et l´orchestre offrent un support d´une précision, d´une lisibilité exceptionnelles pour cette œuvre contrastée et sidérante, trois mouvements tranchées qui pourtant donnent une continuité et une logique à cette page dont on regrette juste qu´elle soit si courte ( sans doute le soliste moins que nous ! ).
On reste dans la bonne humeur : je recommande dans un registre très différent le récital de la pianiste ( je sais, on va me reprocher de choisir les disques en fonction des photos de couverture ! Eh bien non, juste en fonction de la difficulté d´écriture du nom de l´artiste ) Anna Vinnitskaya : programme sportif s´il en est : Rachmaninov ( sonate n°2 Op 36 ), Gubaidulina ( Chaconne ), Medtner ( sonate Reminiscenza Op 38 n°1 ) et Prokofief ( sonate n° 7 Op 83 ), chez Ambroisie ( Naïve ).
Et croyez-moi, la demoiselle ne fait pas dans le timide : elle attaque bille en tête et maintient la pression en permanence, suivant évidemment les rares relâchements permis par les œuvres ( le Non Allegro du Rachmaninov, le Medtner un peu moins ébouriffant !… ).
J´aime particulièrement la Chaconne pour piano de Sofia Gubaidulina, prise en force, en technicolor, mélange de massivité et de légèreté et si parfaitement contrastée par la jeune Anna. Bravo !
Et puis dans un tout autre genre, histoire de faire un vrai contraste, deux découvertes pas forcément géniales ( n´exagérons rien ! ) mais très intéressantes :
- General Elektriks. Ce n´est pas un groupe, mais un homme qui saute derrière ses claviers vintage, de son vrai nom Hervé Salters, un franco-britannique que l´on ne peut absolument pas ranger dans une case précise, sachant en revanche qu´il a travaillé pour M ou dans le groupe Vercoquin…
Il s´agit ici de son deuxième album : Good City for Dreamers, assez surprenant quand même, avec des titres plutôt variés. General Electriks puise avec délectation dans la pop, l´electro, le hip-hop, la soul, le funk et le jazz engendrant un style à part, si on peut ainsi qualifier ce qui précisément brille par un refus de l´homogénéité.
- l´autre découverte, c´est le nouveau groupe ( après The White Stripes et Raconteurs ), formé et produit à Nashville par Jack White : Dead Weather.
Dans ce groupe, Jack White tient la batterie ( ben oui, ça surprend, mais n´était-ce pas son premier instrument ? ), Alison Mosshart du groupe de garage-rock The Kills ( très bien les Kills, surtout peut-être le très prenant et rythmiquement impeccable Midnight Boom!!! ) au chant, Jack Lawrence des Raconteurs à la basse et Dean Fertita de Queen of the Stone Age à la guitare.
L´album s´appelle Horehound ( eh oui, c´est la photo en illustration !!! ), je vous épargne la traduction, d´autant que le titre vient d´une plante médicinale, la White Horehound, qui peut aussi bien guérir que tuer. Il aurait été enregistré en trois semaines, dans l´improvisation.
Je suppose que cet album, qui ne semble pas tourner autour d´une idée directrice précise, est à classer dans une vaste catégorie Rock Alternatif. C´est très sombre, une sorte de mixture réussie, un long jam blues-rock poisseux dégageant une atmosphère particulièrement oppressante, à l´accent du sud, mêlant riffs âpres et folk obscur, additionnée de quelques ingrédients funk, des sons parfois torturés ou à tout le moins saturés, une rythmique variée ( et un batteur un peu moins basique que sa sœur ( épouse ? )…
Bon pas pour tout le monde, mais très réussi dans le genre.
07 janvier 2010
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