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18/10/07
Merci !
Merci aux visiteurs des journées portes ouvertes consacrées aux TRIANGLE MAGELLAN.
Merci d´être venus nombreux, le flux a été régulier et dense.
Merci de votre politesse et de votre intérêt.
Tous, nous avons été touchés par la cordialité, le respect, l´écoute, la saine curiosité manifestés par chacun d´entre vous.
Vous avez écouté très patiemment, très longuement, très attentivement. Nous avons parlé musique… Bref, de l´essentiel !
L´espace est petit mais l´enchaînement des écoutes s´est magnifiquement passé car tous étiez attentifs à l´autre, cédant entre vous les meilleures places à tour de rôle.
Personne pour aller tapoter sur les flancs des enceintes au cas où TRIANGLE aurait oublié de rigidifier les caisses, personne pour brandir un disque audiophile d´une grande tristesse musicale ou persifler par des haussements d´épaule exaspérés et faussement discrets mais clairement condescendants…
Merci, vraiment, un public de qualité n´est pas si fréquent !
Et puis évidemment merci à TRIANGLE pour les magnifiques QUATUOR et CONCERTO…
Les QUATUOR, j´en connaissais déjà les larges vertus, c´est un produit continu chez Staccato…
Les CONCERTO en ont estomaqués plus d´un. Oh, bien sûr, s´il s´était agi de faire du Grand Spectacle, personne n´aurait été surpris. Nous imaginons facilement la capacité de tels engins à supporter n´importe quel assaut de puissance tellurique sur toute la gamme de fréquence.
Mais nous avons voulu prouver que les CONCERTO étaient capables d´autre chose : de la délicatesse, une variété illimitée de nuances, une précision des timbres accompagnée de beaucoup de matière, de grain et ce sur tout type de musique. Bref, une écoute intime, sensible, enrobante, chaleureuse, une écoute \" entre nous \", un cocon de bonheur même si, bien sûr parfois, nous laissions quand même échapper l´énergie brute mais toujours parfaitement maîtrisée, jamais agressive, jamais projetée, une stabilité idéale de l´image, un dimensionnement parfaitement plausible des instruments, même si, dans la petite pièce que j´avais choisie pour elles, on ne pouvait pas totalement profiter de la capacité de ces sculptures à respecter les plans sonores.
Merci au sympathique délégué du site thf. Qui a, je crois, apprécié la prestation du jour, cf : thf.fr, rubrique Ecoutes brèves, ou : http://www.thf.fr/uEcoutesB/EcoutesB298.htm
Et merci à EERA dont les DL 2, pour des commodités de manipulation, sont restés les seules sources actives, mais sans regret aucun : les EERA sont très largement à la hauteur de l´ambition musicale des présentations de ces 2 jours…
Merci à ASR, UNISON RESEARCH, SUGDEN, ART AUDIO, MPC, AKTYNA… Evidemment !
Le premier pour le rare EMITTER, de ces objets que l´on n´ose plus espérer dans une haute-fidélité fourvoyée dans sa propre contemplation… Parfaite synthèse de puissance contrôlée, de souplesse, de richesse harmonique, l´Emitter est un compagnon idéal, et somme toute d´un prix pas extravagant (loin s´en faut) des CONCERTO…
UNISON RESEARCH pour avoir prouvé aux incrédules que, lorsque l´appareil est de qualité ( et le PERFORMANCE ( comme toute la gamme ) est au-delà de l´exceptionnel, en remontrant largement à des confrères dont l´image de marque est incompréhensiblement meilleure ! ) 36 W à tubes tenaient sans problème des colonnes gigantesques, en chantant gaiement et révérencieusement sur une bande passante étendue au-delà du nécessaire, procurant une dynamique variée, incroyablement étendue et des nuances d´un raffinement exquis au profit d´une sensibilité et d´une expressivité si rares dans notre pauvre monde de hifistes ! L´âme de la musique sans exagération, sans invention, sans couleur propre ! Le bonheur !
SUGDEN pour ses beaux amplis qui, se riant des déferlements de watts de concurrents fabriqués pour flatter les revues, imposent une présence et une évidence musicales sereines, détendues, joyeuses, sans aucune crispation et dans un océan de timbres…
ART AUDIO ! Je crois qu´il est inutile de dire pourquoi : la combinaison CONDUCTOR + JOTA, même sur les grandes statues Concerto, a fait le trou. Oh certes, pour des écoutes intimistes, de proximité, mais la magie est toujours au rendez-vous…
MPC ? Qu´on le veuille ou non, sans câble, tout ce beau monde ne peut pas dire grand-chose ! Alors merci de savoir véhiculer sans trahir la réalité musicale qui était à l´ordre du jour pendant ces journées portes ouvertes !
AKTYNA ? Mais parce que les merveilleux supports ARIS ont permis de sublimer les écoutes, facilitant sans aucun doute le rapide apprivoisement de produits possiblement difficiles à mettre en œuvre : bravo pour ces merveilles que je recommande sans la moindre réserve à tous et pour toute application !
La liste n´est pas limitative : merci à mes autres produits fétiches auxquels je donnerai d´autres occasions de briller. Mais, en l´occurrence, je ne pouvais laisser la parole à tout le monde…
A tout bientôt j´espère, pour poursuivre ces rencontres sous la bannière de notre amour impérissable de la ( des ! ) musique(s) !
Donc, bien évidemment, merci à Mahler, Scarlatti, Corelli, Shostakovich, Bashung, Noir Désir, Stravinsky, Brahms, Mozart, Kodaly, Miles Davis, Paolo Fresu, , Schubert, Martina Topley-Bird, et tous les autres qui nous ont accompagnés pendant 2 jours ( et, en ce qui me concerne durant toute ma vie ! )…
Alain Cavro
26-05-07Niveau réel, réaliste, vraisemblable, idéal ? Une gageure !!!!! Ah ! Le fantasme ultime du niveau \"réel\" ou réaliste.
Mouais… Un point sur lequel il y aurait beaucoup à dire.
Hier après-midi, lors d´une très belle présentation d´un système composé d´électronique Tosca et enceintes Strad, s´est à nouveau posée la question du niveau d´écoute…
Mon visiteur présente, pour commencer la séance, un très beau disque ( il faut que je le commande ) de sonates pour Violon et Alto de Mozart par des interprètes que je ne connais pas chez Cappriccio et me répond, suite à la traditionnelle question, qu´il désire écouter à \"niveau réel\", espérant placer les instruments dans la pièce !
Résultat : une puissance d´écoute bien trop élevée selon moi, excitant systématiquement toutes les imparables toniques de la pièce. Le disque était heureusement très beau ( dynamiques fine et absolue exceptionnelles et vraisemblables pour une fois ) et permettait de se sortir pas trop mal de ce genre de torture !
Certes, cet érudit monsieur a bien su faire la part des choses entre le rendu magnifique du système et les légères distorsions ou agaceries qui provenaient de la pièce, arguant que si les musiciens avaient été physiquement présents, on aurait subi les mêmes défauts.
Je lui sais gré d´avoir su faire la distinction, mais ce qui me gênait personnellement était que, à écouter à niveau \"réaliste\", on introduisait une donnée parasite un peu fatigante : la sonorité et les réverbérations d´une autre pièce, celle de la prise de son !
Autrement dit, on amplifiait artificiellement des phénomènes de réverbération en additionnant les caractéristiques de deux pièces.
Alors que ça n´était pas nécessaire pour faire ressortir toutes les subtilités de couleurs des deux instruments, les hésitations et chuchotements de fins de note parfois aux limites des instrumentistes.
Mon hôte l´a d´ailleurs reconnu ! Et n´était pas loin d´avouer que ce désir d´écouter à \"niveau réaliste\" tenait avant tout à la triste réalité de son propre système : s´il ne poussait pas un tant soi peu le niveau, il ne se passait rien de rien ; et toutes ces subtilités infraliminaires, il ne les avait jamais écoutées de toutes façons. Il ne risquait certes pas de distinguer la surimpression de deux acoustiques !
Et je ne vous parle pas du prix de son système !
Honnêtement, sauf à habiter un château, combien d´instruments, même solo, trouveraient facilement place dans la plupart des salons où nous écoutons nos systèmes ? A part la guitare, le luth, une flûte ou un clavecin peut-être…
Alors un quartet de Jazz ou un orchestre symphonique…
Il est à ce sujet plutôt drôle de noter que, dans la salle de concert, on est souvent exposés à des distorsions, des aberrations, des projections, des rotations, des toniques dont on ne supporte pas même le début de l´idée sur nos chères chaînes…
D´où probablement le succès des nombreuses combinaisons hifi pourtant réputées - voire même encensées - si simplificatrices sur un plan sensible ou musical, qui, ne prenant pas le plus petit risque, peuvent en effet être écoutées très fort par une capacité admirable à la compression polie…
D´où également la confusion fréquente entre dynamique et niveau élevé et impression de puissance dégagée par un déferlement de décibels coincés dans un étau de 3 dB !
Par ailleurs, même du niveau dans la salle de concert, il y aurait beaucoup à relativiser… Hors concerts amplifiés, évidemment, la nouvelle norme, certes !
Souvent, la référence au niveau réaliste s´appuyant ( comme par hasard ) sur la musique symphonique la plus dynamique possible - dans ces conditions tout le monde aime Mahler ou Stravinsky ! - semble s´appliquer aux niveaux les plus hauts délivrés par l´orchestre !
Hérésie : le disque lui-même ne passe pas la plage dynamique de la réalité ! Cela entraîne que, à se caler sur les niveaux les plus élevés, les niveaux faibles - les pianissimi - sont restitués trop forts ! Beaucoup trop forts !
Conclusion : le niveau moyen est trop élevé ! Et voilà !
En outre, on serait surpris d´apprendre les niveaux réellement mesurés en salle disons entre le 10ème et 15ème rang ! N´avez-vous pas remarqué que, souvent, il faut tendre l´oreille pour percevoir certaines inflexions ou subtilités d´un soliste lors d´un concerto pour violon par exemple, parfois même un concert de piano, où des affections tout en légèreté de la main droite passent facilement à la trappe ?
Et à être trop près, l´imprécision de perception est totale ; certains pupitres vous submergent, d´autres arrivent bizarrement tronqués et pas toujours à leur place rythmiquement.
Et ce que je dis ne s´arrête pas à la seule musique classique. Combien de fois nous contraint-on à subir du blues à des niveaux à fendre les murs sur des enregistrements qui s´articulent autour d´une guitare sèche et d´une voix rocailleuse ?
Pourquoi dès lors remonte-t-on chez soi le niveau du même violon ou de la même guitare pour l´entendre \"trop\" distinctement dans les phrases proches du subliminal ? Parce que les systèmes ne savent pas donner de vrais beaux silences vivants, parce que la perfection du dégradé harmonique que demande cette perception du sublime est très rare ? Oui, sans doute !
Sans doute prend-on l´habitude d´écouter trop fort parce que la plupart des systèmes y contraignent par leur manque d´expressivité, et seul un niveau d´écoute élevé va permettre d´approcher de sensations physiques, primaires, plus abdominales que tripales, plus grossières que sensibles !
La plupart, mais pas tous. Quel bonheur de pouvoir atteindre ces frissons exquis proches du rien, ces bruissements fragiles qui peuplent les silences écrits par nos chers compositeurs préférés, le murmure proche du néant. Et si le système est bon, alors oui, les déflagrations des tutti suivront sans peine, sans tordre, sans hurler, mais sans non plus s´étouffer dans une compression moyenne à 2 dB…
Alors plutôt que le niveau réaliste, je crois qu´il serait bon de réfléchir à la notion du niveau idéal !
Ou vraisemblable ! Tiens oui, c´est peut-être cela la vraie bonne idée : trouver un niveau \"vraisemblable\"
Je me souviens d´un ami cinéaste qui s´agaçait de la manie de certains intellectuels de réclamer des films réalistes, du cinéma réalité, où, selon lui, ce qui comptait était de produire du cinéma \"vraisemblable !\"…
N´est-ce pas là en effet le vrai terme autour duquel repenser son niveau d´écoute ?
Oh certes la gageure n´est pas mince pour expliciter une conception aussi floue.
Mais n´a-t-on pas tous expérimenté cet infini plaisir proche de la grâce, où tout semble fonctionner merveilleusement, couler tranquillement, sans heurt, même pas forcément sur des systèmes délirants, sans se poser la question de trop fort, pas assez fort, agressif, dur, mou, lent rapide, mais juste constater une évidence du naturel ?
Eh bien sans doute, à cet instant précis, ce jour-là, on a précisément su trouver le niveau idéal. Ou vraisemblable, ça fait moins peur que \"idéal\"…
Pour un disque au moins. La grâce se prolonge rarement ; c´est là que la qualité pure du système fera la différence… Il respectera toujours un minimum l´artiste si l´artiste est dans un bon jour. Le reste n´est souvent que du décor…
Ah là là, réel, réaliste, idéal, vraisemblable, que tout cela est difficile à exprimer…
Au fait, l´image d´accompagnement n´a aucun rapport, mais ça me faisait plaisir. Un moyen peut-être, d´illustrer la reproduction d´un violon par une chaîne commune !
26-04-07 Un après-midi de bonheur :
Ça nous arrive de temps en temps au magasin : trouver le temps de s´installer pour écouter longuement de la musique en ne pensant qu´à ça, en oubliant les tests, les peaufinages !
Suite à un rendez-vous client, j´avais installé les LS 3/5a, et un panel d´amplificateurs.
Dernier appareil installé : Unison Research S8, cette merveille qui se plaît sur tout, qui aime tout !
Et puis, pourquoi n´y avais-je pas pensé plus tôt, le lecteur Eera DL-1…
Voilà : on tourne souvent longtemps en rond pour chercher à trouver, l´émotion, ou l´âme…
Ne s´embête-t-on pas pour rien alors que, somme toute c´est si simple ? D´accord, l´empilage de ces éléments est pour le moins baroque. Et alors ? Oui, nous avons été submergés de musique, oui, nous n´étions plus dans un auditorium, par ailleurs imparfait, mais bel et bien dans un salon de musique ! Ouf, ça fait du bien de temps en temps, de constater qu´on est décidément sur le bon chemin, que la sincérité paye, que les hésitations construisent !
Un ami est arrivé dans l´après-midi, puis un autre et, enfin, ensemble, nous avons pu laisser couler la musique sans passer notre temps à changer de CD, à chercher à comprendre ce qui va, ce qui ne va pas. Tout au plus avons-nous cédé à cette tentation - exercice auquel nous nous adonnons le plus souvent possible - de se polariser sur une œuvre et comparer les approches, les versions, les visions…
Ce jour-là, ce fût la quatrième symphonie de Sibelius.
Quand même, le DL-1 est une sacrée machine à musique. Je suis médusé par l´évolution à travers les années des machines de Didier !
24-04-07 A propos des LS 3/5a :
Un particulier équipé depuis 1979 de Rogers LS 3/5 voulait faire évoluer son amplification sans sortir d´un budget \"raisonnable\". Le challenge était amusant, sachant que ses LS 3/5 sont en 15 Ω.
La barre devant rester inférieure à 2000 €, après divers essais qui ont un peu fait souffrir de pourtant bon amplis, le choix s´est porté sans hésiter sur… Unico P de chez Unison Research. Le modèle d´entrée de gamme de la gamme hybride !
Le client était ravi, d´autant que le P est muni d´une entrée Phono que ce sympathique et cultivé monsieur souhaitait inclure dans son enveloppe. Dépense du jour pour lui : 1090 € !!!
Bon, le commerçant ( que je suis quand même un peu ) aurait préféré vendre un appareil un peu plus cher mais, honnêtement, je crois que j´aurais fait comme lui !
Dispersant des couleurs nuancées, variées, riches, un ambitus large et des harmoniques soyeuses, une respiration au-dessus de la moyenne et de l´air, de l´air, l´Unico P ne s´est peut-être pas révélé le plus transparent, ni le plus subtil du test mais : sans conteste un des plus chantants ; et surtout, indéniablement, le petit plus en volupté et détails offert par un compétiteur à 1 700 € ne justifiait pas forcément la différence de dépense.
Evidemment, le même comparatif sur des enceintes plus consensuelles aurait sûrement rétabli la hiérarchie ( après tout, les appareils testés répondent tous à des critères de sélection chez Staccato incluant leur cohérence performances subjectives / budget ), mais dans ce cas de figure, le bonheur était incontestablement en faveur de la petite bombe italienne…
A propos : j´ai lu un banc d´essai d´un modèle Unico : si ce n´était pas risible, ce serait navrant… L´Unico n´est pas mon modèle préféré de la gamme, je lui préfère le petit Unico P ; mais le gag, c´est que mes éventuelles réserves sont exactement contraires aux conclusions du chroniqueur.
Oh, ce n´est pas une première… Mais ce n´en est pas moins affligeant. Il faudrait parfois faire remarquer à nos amis \"journalistes\" que, somme toute, ils jugent en même temps la qualité du reste de l´installation. Et de leur propre pollution auditive… Mais comment écoutent-ils la musique ?
Bah, refermons le débat…
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